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Notre Dame du Sourire, à Tchoun Ka Tien

Eglise Notre Dame du Sourire

Eglise Notre Dame du Sourire

Un moment de grâce et de partage...

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Un témoignage :

Hier (15 janvier 2006) nous sommes allés à une messe dite "délocalisée" Près de Takév (deux heures de route aller plus les embouteillages du retour....) fatigant mais très constructif. Le curé est un jeune Français de 36 ans qui a une foi et une énergie colossales, c'est vivifiant. Il est parti de rien, un seul chrétien kmer il y a dix ans qui a vendu son boeuf pour s'acheter une moto afin d'aller à Phnom Penh suivre des cours de catéchisme et pour revenir témoigner dans son village de ce qu'il avait appris. Aujourd'hui,  il y a une école maternelle, un lycée professionnel où sont enseignés l'agriculture et le secrétariat, plus une fabrique de soie, et des scouts. Ils sont 250 à l'étiage et jusqu'à 750 !

Nous avons eu une messe magnifique et riche, et une homélie profonde et bouleversante. La chapelle : "Notre Dame du Sourire" (en référence à Marie, venue sourire à Sainte Thérèse lorsqu'elle était malade) a été entièrement décorée par un artiste Kmer ; l'ancien testament ainsi que le nouveau sont coloriés en fresques sur les murs, avec des personnages cambodgiens, des anges qui ressemblent à des Apsaras sur des nuages bleus et roses, la traversée de la mer Rouge par des Kmers, les Rois Mages arrivant sur des éléphants, et Jésus faisant le tour des rizières. Bref, c'est magnifique... Vous pouvez aller voir les photos.

Nos scouts et louveteaux étaient là heureusement et ils ont pu témoigner par leur présence et leur sérieux. Les Cambodgiens ont très bien chanté avec un accompagnement à la guitarre. Notre petite chorale s'est aussi débrouillée pour chanter l'ordinaire de la messe à plusieurs voix et les Kmers ont demandé à apprendre à chanter en polyphonie. Quel bel échange! Visiblement le curé était aux anges. Il n'avait pas eu de messe en français depuis trois ans.

Nous avons, après la messe, partagé un déjeuner tous ensemble. Kmers et Français ont tout mis en commun ; le curry était excellent ; certains  nom barang (gâteaux français) ont eu du succès, mais pas les gateaux au chocolat , qui ont déclenché des fous rires...

Puis nous avons fait un tour de table avec questions-réponses. Les kmers se demandaient si nous étions en vacances et pour combien de temps. Nous leur avons expliqué pourquoi nous vivions à Phnom Penh, et que que nos enfants y étaient scolarisés. C'était riche de voir comment des chrétiens pouvaient vivrent en minorité dans un milieu bouddhiste sans conflit avec l'entourage et la famille : tout se passe en douceur avec intelligence. Ils nous ont aussi expliqués comment et pourquoi ils avaient fait le choix de la conversion. Il semble que la foi chrétienne leur apporte plus de réponses ; mais aussi l'exemple des chrétiens qui donnent leur temps et leur amour a fait pencher la balance. Ils espèrent se marier entre eux et faire baptiser leurs enfants. A l'heure actuelle, il y a des conversions de jeunes adultes et un ou deux baptème par an.

C'est la première fois que je rencontre sur le terrain un missionnaire qui a tout quitté pour venir construire loin de sa culture en partant de rien. Cela m'a fait réfléchir à tous ces hommes qui ont donné leur vie depuis des siècles en vivant parfois de dures conditions. J'ai été très impressionnée, admirative et fortement émue. Quelle leçon de foi, de persévérance et de générosité !

Catherine Dabadie